Dans la droite lignée de Thomas Voeckler, Lilian Calmejane pourrait devenir le nouveau chouchou du public français - Photo ASO
Bilan TDF 17
27 juillet 2017

Meilleur débutant : l’audacieux Calmejane

Le Tour est fini, mais ses acteurs n’ont pas tous été récompensés à la hauteur de leurs exploits. La Chronique du Vélo répare ces injustices en décernant ses récompenses de la Grande Boucle jusqu’à samedi. Nous poursuivons aujourd’hui avec l’award du meilleur débutant, que nous décernons au Français Lilian Calmejane.

Il était un peu attendu, et il a plus que répondu présent. L’Albigeois de vingt-quatre ans a parfaitement réussi ses premiers pas sur le Tour de France, en allant chercher au courage la victoire en haut de la Station des Rousses. Son talent a alors éclaté aux yeux du grand public, qui en rêve comme d’un héritier de Thomas Voeckler.

À la bonne école

Et maintenant, que va-t-il faire ? Le talent de Lilian Calmejane lui ouvre de nombreuses portes. Dans l’immédiat, ce sont celles des critériums, puisque l’Albigeois ira à Lisieux, Dijon, Castillon ou encore Dun-Le-Palestel. Calmejane a changé de dimension sur ce Tour. Sa victoire à la Station des Rousses, acquise malgré de douloureuses crampes, a fait de lui un coureur populaire et très demandé. Un peu comme ses deux coéquipiers, Thomas Voeckler et Sylvain Chavanel. Le premier, chouchou des Français, est son véritable modèle. Son départ à la retraite laisse même à son cadet le sentiment « d’être orphelin ». Et Sylvain Chavanel a lui aussi inspiré le nouveau prodige de Direct Energie puisqu’il était le dernier coureur à s’être imposé sur le Tour à la Station des Rousses, en 2010.

Comme ses glorieux aînés, Calmejane aime le Tour de France. « Ce Tour, mon premier, j’en retiens de la magie, du folklore et une victoire d’étape, explique-t-il au Parisien. Donc que du positif et surtout pas de regrets comme on se l’était dit au départ avec Jean-René. » L’Albigeois est passé sur ses routes d’entraînement, du côté de Rodez, et a pu savourer l’accueil de ses plus fervents supporters. Une deuxième victoire sur un grand tour en seulement deux participations, la performance est rare. Chasser les étapes est un art difficile, car il comporte une part de flair non négligeable. Il ne suffit pas d’être dans tous les coups à l’avant, demandez à Thomas de Gendt. Calmejane a ainsi pris part à deux des échappées victorieuses de ce Tour, puisqu’il était devant à Salon-de-Provence, où il termina onzième.

Nouvelle dimension

Evidemment, ce sens de la course n’est pas infaillible. A Longwy par exemple, Calmejane s’est lancé dans une échappée qui n’avait strictement aucune chance d’aboutir, hors prix de la combativité. Mais l’Albiegois a conscience de la difficulté du métier de chasseur d’étapes. « C’est une alchimie qui a fait qu’il y a tout eu le jour J pour gagner. Ce n’est pas dit que ça se produise tous les ans. Il faut croire en ses capacités et, si la santé va, en continuant à être sérieux, j’espère être plus régulier dans l’avenir. » Au-delà de ce rôle de grand baroudeur, il laisse filer, au coin d’une interview à la Nouvelle République, d’autres possibilités. « C’est prometteur pour la suite, mais ça me confirme que je dois continuer à cibler les étapes pour courir pour la gagne, comme aux Rousses, plutôt que de m’accrocher pour le classement général. Je ne suis pas encore prêt. »

Aujourd’hui, Calmejane se pose probablement la question de son avenir. « Je suis un peu perdu : un coureur polyvalent qui continue à s’améliorer contre-la-montre », expliquait-il il y a deux semaines au journal L’Equipe. Calmejane n’est pas un excellent grimpeur, ni un fabuleux sprinteur. S’il espère briller autrement qu’en se glissant dans les échappées, peut-être lui faudra-t-il changer de cap. Propulsé figure de proue de l’équipe Direct Energie avec le départ de Bryan Coquard et la retraite de Thomas Voeckler, Calmejane va devoir vivre avec un nouveau statut. Et devoir gérer la pression, même si son équipe veut l’en protéger. « Le cap de l’équipe, c’est de trouver des talents comme Lilian et de les révéler. On est toujours là pour les aider », nous expliquait Jean-René Bernaudeau. Alors dimanche soir sur les Champs-Elysées, on ne se posait pas encore les questions sur l’avenir du nouveau poulain de l’équipe vendéenne. Calmejane et ses coéquipiers profitaient autour de coupes de champagne et de bières bien mérités. L’Albigeois n’a cependant pas échappé à la présence des nombreux médias invités sur place. Désormais, il lui faudra vivre avec.

Qui a été le meilleur débutant de ce Tour?

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