Sur ses deux derniers Tours de France, Quintana a connu le maillot blanc : désormais, il ne vise que le jaune - Photo Mathilde L'Azou
30 juin 2016
Par  Robin Watt 

La dernière marche pour Quintana

Cet hiver, Nairo Quintana a fêté ses 26 ans. Il ne peut plus concourir pour le maillot blanc de meilleur jeune. Il entre dans une nouvelle catégorie. Désormais, c’est le jaune ou rien. Et c’est d’ailleurs de cette façon qu’il voit le Tour qui s’annonce : il ne vise rien d’autre que la victoire finale.


Il est difficile d’enchaîner plusieurs grands tours dans la même saison, surtout le Tour et la Vuelta, très rapprochés en terme de calendrier. C’est pour ça qu’à la fin de l’été dernier, Nairo Quintana a été dominé en montagne par Fabio Aru, Joaquim Rodriguez et Rafal Majka dans la course au maillot rouge. Mais sur le Tour de France en juillet, ou l’année précédente sur un Giro qu’il a remporté, il avait été impérial dès que la route s’élevait. Parce que sur son grand objectif annuel, le Colombien est presque impossible à aller chercher sur son terrain de prédilection. Froome, s’il ne devait compter que sur la montagne, se serait déjà cassé les dents sur son jeune challenger. Alors finalement, il ne manque pas grand chose au leader de la Movistar. Il doit simplement appuyer davantage en altitude pour créer des écarts suffisants. Surtout avec le Britannique, qui sait lui faire mal ailleurs.


Pas une seule course par étapes n’a vu Quintana terminer hors du podium en 2016. La performance mérite d’être soulignée. Ce n’est pas habituel pour le Colombien. L’an passé, il avait par exemple terminé quatrième au Pays-Basque puis huitième en Romandie. Sans parler de 2013, où il n’avait connu qu’un seul podium final (au Pays-Basque) avant de s’engager sur la Grande Boucle. Dans cette préparation millimétrée, on peut même voir un peu de Wiggins ou de Froome, véritables machines de guerre de février à juillet lorsqu’il s’agit de décrocher un maillot jaune à Paris. Le Colombien a donc peut-être enfin trouvé la bonne formule : des points de passages pour valider une préparation plus pointue qu’à l’habitude, et une arrivée au Grand Départ avec beaucoup de certitudes.


Le Colombien n’a pas pour habitude de stagner. Il en est à sa cinquième saison dans l’élite du cyclisme mondial, et jusqu’à maintenant, il n’a cessé de progresser. Sur la Vuelta, entre 2012 et 2015, il est passé d’équipier à candidat à la victoire finale – le tout après avoir déjà couru un grand tour la même année. Et sur le Tour de France, en deux participations, il est monté deux fois sur la deuxième marche du podium. Sans pour autant que l’on puisse dire qu’il ne s’est pas amélioré. En 2013, il avait en effet terminé à plus de quatre minutes de Chris Froome, sans jamais l’inquiéter. Deux ans plus tard, il a failli renverser le Tour dans l’Alpe d’Huez et n’a finalement échoué qu’à un peu plus d’une minute. Oui, Quintana continue d’évoluer. Et la prochaine étape doit incontestablement le mener jusqu’au maillot jaune, qu’il n’a encore jamais porté.

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3 Commentaires sur "La dernière marche pour Quintana"

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Gabyzak
Gabyzak
La plus difficile assurément. À travers les époques et les générations, tellement de coureurs doués et classieux n’ont pas réussi à la gravir pour x raisons. Quintana est composé d’un cuir résistant, ses aptitudes dans les GT ne sont plus à démontrer et son début saison est quasi parfait. Cependant, ce qui me semble être un motif d’inquiétude le concernant est l’avantage psychologique que possède Froome au TdF – même si le mois de juillet ne se résumera pas qu’à ce duel très attendu, loin de là -; quand le Britannique est au pinacle de sa condition physique, il terrasse ses adversaires assez nettement et Quintana pourrait adopter une tactique assez conservatrice de peur de prendre un taquet en première partie de TdF. On en reviendrait presque à se demander quel débours Quintana aura sur Froome à l’entrée des Alpes tellement ce dernier semble impérial à l’entame des GT, c’est une réalité, d’où l’importance pour le Colombien de passer sans encombres les étapes qui sur le papier sont moins déterminantes dans la course au général. À vrai dire les quinze premiers jours donneront une tendance très instructive quant aux chances de victoire finale du Colombien, après on entre dans son… Lire la suite »
gougi
gougi

tout a fait d’accord, Contador, Aru ,Nibali ou les français seront les clés du succès de Quintana.les deux premières semaines Ils feront tout pour déstabiliser froome et son équipe, Quintana n’aura qu’a suivre.

edouard
edouard

Pour moi Quintana est le favori du tour.
Cette année il a encore franchi un cap.
Il est désormais leader unique chez movistar, belle équipe autour de lui.
Il a progressé en clm.
Si il arrive en dernière semaine avec une minute ou moins sur froome, ça sera bien engagé surtout vu le programme de la dernière semaine.