Vincenzo Nibali semble être le dernier rival potentiel de Chris Froome, même s'il n'a pas été impérial jusqu'ici - Photo Unipublic / Photogomez
1 septembre 2017
Par  Robin Watt 

De la difficulté de désigner un rival

Il y a tout juste deux semaines, la Vuelta s’élançait, et très rapidement, Chris Froome y apposait sa patte en devenant maillot rouge. Un leader solide, rarement pour ne pas dire jamais mis en difficulté, qui n’a pas vraiment de rival. Seulement des adversaires qui se succèdent avant de sortir du jeu.

Contador et Chaves, une journée et tout s’envole

Ce jeudi vers Antequera Los Dolmenes, Chris Froome s’est fait peur. Mais tout seul, pas vraiment à cause de ses adversaires. D’ailleurs, conscient de sa force, il n’a pas paniqué. On l’a vu poser délicatement son vélo sur le bas-côté en attendant d’être dépanné. Puis il a limité la casse, ne perdant que vingt secondes sur les autres protagonistes du général, exception faite à Alberto Contador qui lui a repris un peu plus du double. Presque idéal pour nous faire oublier que dans ce Tour d’Espagne, il n’y a plus grand suspense. Oui, Vincenzo Nibali s’est du coup replacé à moins d’une minute du maillot rouge au classement général. Mais le leader britannique paraît toujours aussi intouchable, en grande partie parce que depuis deux semaines, il est impossible de détacher clairement un coureur capable de le titiller, ou au moins de tenir sa roue chaque jour pour lui mettre le doute.

Alberto Contador, clairement, aurait pu être celui-là. Mais en perdant plus de deux minutes et demie dès l’étape andorrane, le troisième jour, il a fait une croix sur ses chances de victoire finale. Dommage car depuis, il est le seul capable de faire jeu égal avec Froomey, de s’isoler avec lui voire de lui reprendre du temps, comme jeudi. Mais le Britannique peut se contenter de contrôler. Aussi offensif soit-il, l’Espagnol est toujours pointé à plus de trois minutes du maillot rouge. Rédhibitoire. Les autres, eux, ont parfois fait illusion. Jusqu’à il y a quelques jours, Esteban Chaves était à moins de quarante secondes de la première place. Mais il a suffi d’une journée pour qu’il perde quasiment tout : le voilà toujours sur le podium provisoire, mais à plus de deux minutes et alors que se profile un contre-la-montre de quarante bornes la semaine prochaine. Là encore, il ne faut plus espérer voir le Colombien venir titiller le Britannique.

Nibali, le dernier survivant

Pour le reste, on ne se faisait pas de grandes illusions concernant David De la Cruz et Nicolas Roche, un temps très bien placés, mais qui ont payé l’arrivée de la haute montagne. Tejay van Garderen, pas chanceux, aurait sans doute subi le même sort, mais on n’a même pas pu en avoir la certitude, une chute ayant raison de ses ambitions avant même les grandes bagarres. Fabio Aru, lui, semble avoir les jambes bien lourdes après un Tour de France terminé difficilement, comme Romain Bardet, qui a très vite concédé du temps et revu ses objectifs, ciblant désormais les étapes. Reste Miguel Angel Lopez, solution de rechange chez Astana, mais le jeune colombien a lui perdu trop de temps en début de course, cantonné à son rôle de lieutenant pour Aru. Alors tous les regards se tournent désormais vers un Vincenzo Nibali pas impérial, lâché à Alcossebre, en première semaine, mais esseulé. Il n’y a plus que le Squale pour sortir les dents au point de faire douter Chris Froome. Alors faisons comme si on y croyait, nous aussi.

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