Chaque printemps, Dan Martin répond présent par de précieux accessits, mais trop rarement par de grands succès depuis 2014 - Photo ASO
26 avril 2017
Par  Robin Watt 

Martin, envers et contre tout

Avoir remporté deux monuments est déjà incroyable. Mais justement, ses succès sur Liège-Bastogne-Liège et au Tour de Lombardie montrent tout le potentiel de Dan Martin… jusque-là sous exploité. Encore cette année, il a joué placé mais jamais gagnant. Deux fois deuxième sur la Flèche et à Liège, il a garni sa longue liste de places d’honneurs.

2017 à l’image du reste

« Ca fait mal de finir encore deuxième », confiait-il après l’arrivée à Huy, mercredi dernier. L’Irlandais n’est pas du genre à se lamenter, mais ça commençait à faire beaucoup. Pour la troisième fois de sa carrière, il a terminé sur le podium de la Flèche Wallonne. Mais il n’y a toujours pas levé les bras. La cause d’une résignation toute proche. « Il faut peut-être que j’attende que Valverde prenne sa retraite pour espérer gagner », ajoutait le leader de Quick-Step sur les ardennaises. Le malaise est présent. Dan Martin serait un éternel second ? Heureusement non, quelques – grandes – victoires viennent couper court aux raccourcis. En 2013, le garçon a remporté Liège-Bastogne-Liège. Et l’année suivante, il s’est adjugé le Tour de Lombardie. Avec un peu plus de réussite, il compterait même deux succès sur la Doyenne. En 2014, transcendé par la défense de son titre, il avait abordé le dernier virage avec quelques secondes d’avance sur le reste des favoris. Avant de chuter et de voir ses rêves de doublé s’envoler.

C’est finalement le symbole de Martin. On a, parfois, le souvenir des ses heures de gloire. Mais plus souvent, on se rappelle de cette fameuse chute ou de ses places d’honneur. Au printemps 2015, malgré un statut bien établi, il avait même vu Julian Alaphilippe lui voler la vedette et devenir le principal challenger d’Alejandro Valverde. Il n’y pouvait pas grand chose tant le Français avait déboulé dans les ardennaises au top de sa forme et avec un potentiel invraisemblable. Mais ça tombait encore sur lui. Parce que l’Irlandais n’a jamais été un grand chanceux. Comme lorsqu’il fait du Tour d’Italie 2014 son grand objectif, pour le départ de Belfast. Sur le contre-la-montre par équipes inaugural, le neveu de Stephen Roche chute. Clavicule cassée, abandon : c’est le lot de Dan Martin, jamais vraiment épargné par les aléas de la course.

Quand ça veut pas…

Avec tout ça, avoir décroché deux monuments est presque un exploit. Martin joue contre les éléments, et parvient de temps à autres à passer entre les gouttes. Mais le plus souvent, il tombe sur un bourreau. Régulièrement, il s’appelle Valverde, et ce n’est pas faute de tout tenter. Cette année sur la Flèche, l’Irlandais a attendu l’attaque de l’Espagnol. Il s’est retrouvé à plusieurs longueurs et n’a pu que regarder son rival déployer une pleine main pour sa cinquième victoire au sommet du Mur de Huy. Sur Liège, cette fois, Martin a voulu anticiper en attaquant dans la côte d’Ans, peu après la flamme rouge. Le déjà triple vainqueur l’a laissé faire, avant de placer son propre démarrage, de le rattraper et de le laisser sur place. C’est à en devenir fou. Peut-être que défaitiste, Martin a donc raison quand il dit qu’il va devoir attendre la retraite d’Alejandro Valverde. Mais le garçon a prolongé jusque fin 2019 avec Movistar. Ca fait long pour l’Irlandais, déjà âgé de 30 ans et vraisemblablement à court d’idées.

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3 Commentaires sur "Martin, envers et contre tout"

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David Brabyn
David Brabyn

En regardant sa récente 2e place (et sans le connaître, ni connaître le sport de haut niveau, bref, sans fondement) je me demandais si un psy pourrait lui faire obtenir ces victoires.

Gentleman
Gentleman

En complément de votre article consacré à ce grand coureur, je pense qu’il serait intéressant de se pencher sur les choix stratégiques (?) de son équipe Quick Step au fil des années sur les ardennaises. Autant il est clair que les flandriennes sont capitales pour cette équipe et que tout est fait pour qu’un de ses coureurs l’emporte, autant j’ai l’impression que les ardennaises sont moins importantes. C’est vrai que sans Gilbert et Alaphilippe, c’était plus compliqué de lancer la course de loin, mais qu’est devenue l’envie de gagner chez ces coureurs qui préfèrent jouer placé, comme vous l’avez souligné ? Je vous rejoins pour conclure que Dan Martin a un gros potentiel, sous-utilisé. Souhaitons-lui une bonne suite de saison, ce qui passera par une meilleure réussite, une équipe solide autour de lui, une stratégie d’équipe orientée vers la victoire.

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