C'est la première fois sur un grand tour que Quintana affronte Froome en étant leader de l'épreuve - Photo Unipublic / Graham Watson
1 septembre 2016
Par  Robin Watt 

Ce sera donc un duel

Tout s’est éclairci sur les pentes de Peña Cabarga : la Vuelta devrait sacrer cette année un coureur inédit. Reste à savoir si ce sera Nairo Quintana ou Christopher Froome. Tous les deux ont pu s’imposer en montagne et marquer les esprits. Désormais, ils vont pouvoir se livrer bataille sans se soucier des autres.

Seuls au monde

Alberto Contador a tenté de faire illusion, en faisant rouler son équipe toute la journée mercredi. Mais dans la montée finale, il n’a pas pu suivre. Esteban Chaves, lui s’était planqué toute l’étape pour placer une vraie banderille à moins de deux kilomètres de l’arrivée. Mais il n’a pas tenu jusqu’au sommet. Enfin, Alejandro Valverde a montré que chez Movistar il n’y avait plus ambiguïté, en travaillant pour son leader Nairo Quintana. Tout est donc désormais limpide. Pour concurrencer le maillot rouge colombien, il ne reste qu’un seul homme : Chris Froome. Maillot blanc sur le dos – symbole qui peut prêter à sourire -, le Britannique a su tenir la roue de Quintana lorsqu’il s’est mis en danseuse pour accélérer. Puis il a même été en mesure de l’attaquer, et de le décramponner de quelques longueurs dans les tous derniers mètres de l’ascension. Pour la première fois sur cette Vuelta, les deux meilleurs grimpeurs du peloton ont gravi une ascension au coude à coude. Et ça devrait se poursuivre.

Le leader de la Sky monte en puissance depuis le départ de l’épreuve ibérique, et peut laisser derrière lui les frayeurs des premières pentes, lorsqu’à La Camperona notamment, il avait été lâché dès le pied du col. Avec le peu de repos dont il a bénéficié après le Tour de France, Froome savait qu’il arriverait entamé sur l’ultime grand tour de la saison. Son objectif était donc de démarrer tranquillement et de prendre le rythme petit à petit. Il a réussi, et de son propre aveu, ne pensait même pas être aussi bon aussi tôt. Quintana s’en mord peut-être les doigts, lui qui espérait repousser son rival à « au moins trois minutes » au général avant le contre-la-montre à deux jours de l’arrivée. Pointé à 54 secondes, l’enfant de Nairobi s’est courageusement accroché, même quand il semblait moins bien. Et le Colombien va devoir s’employer pour creuser l’écart avec ce rival qui l’a si souvent supplanté.

Chacun son tour

Mais la petite nouveauté dans ce duel qui dure depuis maintenant trois ans, c’est que Quintana est devant. Sur les Tours de France 2013, 2015 et 2016, où Froome avait toujours pris le dessus sur son cadet, le Colombien avait passé les trois semaines dans la position du chasseur, celui qui doit faire vaciller le leader. Pour la première fois, les rôles sont inversés. Or la dernière fois que le Britannique s’était retrouvé dans la position du dauphin en quête de victoire finale, il avait échoué. C’était il y a cinq ans, déjà sur le Tour d’Espagne, et il n’avait jamais pu reprendre le maillot rouge de leader à Juan José Cobo, finalement vainqueur à Madrid pour treize secondes. Pour Quintana, à dix jours de l’arrivée, les espoirs les plus fous sont permis. Même si son adversaire est finalement celui qu’il peut redouter le plus : un triple vainqueur du Tour, qu’il n’a encore jamais battu sur une épreuve de trois semaines.


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