Bo Hamburger, maillot jaune aux côtés d'Alberto Elli, a mené l'équipe Casino vers des sommets inattendus en 1998 - Photo DR
6 décembre 2017

Quand Casino faisait sauter la banque

Il y a vingt ans, à l’aube de la saison 1998, l’actuelle formation AG2R La Mondiale, qui s’appelait alors Casino, connut un virage important dans son histoire. Créée quelques années plus tôt, en 1992, la structure savoyarde, déjà dirigée par Vincent Lavenu, opèrent une montée en puissance significative et commencent réellement à faire parler d’eux.

Richard, Durand, et les premières surprises

Fin 1996. L’équipe Petit Casino s’apprête à faire sa mue. Alors en deuxième division, la jeune structure lancée par Vincent Lavenu cinq ans plus tôt a vécu une année honorable, mais loin des projecteurs, en assurant la suite de l’équipe Chazal. Seulement 26e au classement mondial par équipes, les perspectives se voient alors modifiées : Petit Casino devient simplement Casino, le budget est doublé (jusqu’à 25 millions de francs) et le groupe AG2R La Mondiale vient ajouter son nom sur le maillot et quelques billets dans l’aventure. L’effectif s’étoffe avec quelques noms ronflants pour l’époque : le champion olympique Pascal Richard et l’un des chouchous du public français, Jacky Durand, s’ajoutent aux italiens Alberto Elli, Marco Saligari et Rodolfo Massi, ainsi qu’au Suisse Rolf Jaermann. De quoi donner le ton d’un projet qui espère une mise sur orbite rapide, dès 1997.

Si Pascal Richard se révèle aux abonnés absents en cette année post-olympique, ses petits camarades tiennent leur rang. Pascal Chanteur remporte une étape sur Paris Nice (et termine 5e au classement final), amorçant la tendance. Alberto Elli s’impose lui sur le difficile Grand Prix du Midi Libre. Les gros résultats arriveront à l’approche de l’été, avec deux victoires de purs produits de la maison sur deux épreuves de référence. Début juin, c’est Christophe Agnolutto qui décroche le très prisé Tour de Suisse : à l’attaque sur la troisième étape, il prend onze minutes d’avance lors d’une échappée fleuve. Un écart irrémédiable que les cadors du peloton, Riis et Ullrich en tête, ne parviendront jamais à combler. Et quelques jours plus tard, c’est le sprinteur Stéphane Barthe qui lève les bras sur le circuit de Linas Montlhéry, à la surprise générale, au terme des championnats de France. Si la fin de saison est plus calme, tout promet alors de s’enflammer en 1998.

Un an à récolter les succès

Les victoires pleuvent alors dès le début d’année : Tour Méditerranéen et Tour de Calabre pour Massi, Trofeo Laigueglia pour Chanteur, Classic Haribo avec Aus, Tour de Murcie pour Elli, mais surtout Tirenno Adriattico pour Rolf Jaermann… Les hommes de Lavenu sont intenables. La première grande victoire de prestige survient elle en Belgique, avec la recrue de l’hiver dernier, le Danois Bo Hamburger. Le vice champion du monde en titre surprend tout son monde, et notamment l’étoile naissante belge, Franck Vandenbroucke, en s’imposant sur la Flèche wallonne. Le Danois sera dans le coup quelques jours plus tard lors de l’Amstel Gold Race, muselant Michele Bartoli dans une course d’équipe. Son coéquipier Rolf Jaermann, déjà vainqueur sur ces routes en 1993, prend alors la poudre d’escampette à 30 kilomètres de l’arrivée avec le Hollandais Marteen Den Bakker et s’en va décrocher la première victoire en Coupe du Monde de l’équipe Casino. En installant un peu plus l’équipe dans le gratin mondial.

Après ça vient l’heure du Tour de France, une édition dont on se passera de refaire l’histoire. Mais du côté de Casino, elle est celle de tous les contrastes. Bo Hamburger se pare de jaune dès la troisième étape, avant de voir son paletot subtilisé par Stuart O’Grady au jeu des bonifications. C’est ensuite Jacky Durand qui s’impose brillamment à Montauban, au terme d’un numéro de baroudeur bien à lui, imité deux jours plus tard par un Rodolfo Massi des grands jours, auteur d’un raid pyrénéen achevé à Luchon. Mais tout ne sera pas rose jusqu’au bout. Massi, justement, mis en cause dans un trafic de produits dopants quelques jours plus tard, quitte le Tour lors de la 18e étape. La saison, elle, se termine avec un peu moins de paillettes, le coup d’éclat de Jacky Durand sur Paris-Tours mis à part. Mais avec 65 victoires et une deuxième place mondiale, les hommes de Vincent Lavenu auront marqué cette année 1998. Posant les jalons d’une riche histoire qui dure depuis déjà 20 ans.

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1 Commentaire sur "Quand Casino faisait sauter la banque"

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Amaury
Amaury

1998, c’est aussi l’année où arrive dans l’équipe Casino Vinokourov, non?