Dans le ciel blanc de Roubaix, Cancellara a levé l'an dernier son troisième pavé - Photo Getty Images
8 avril 2014
Par  Robin Watt 

Cancellara, seulement sept monuments…

Avec trois Paris-Roubaix (2006, 2010, 2013), autant de Tours des Flandres (2010, 2013, 2014) et un Milan-Sanremo (2008), Fabian Cancellara est l’homme qui compte le plus de succès sur les monuments dans le peloton actuel – à égalité avec Boonen. Mais le Suisse pourrait avoir un palmarès encore plus conséquent s’il avait eu un peu plus de réussite ces dernières années. Voici quelques monuments qu’il a loupé de très peu.

Tour des Flandres 2011, 3e

Après avoir remporté le GP E3 en véritable patron, le Suisse est annoncé comme le grand favori de l’épreuve. Problème, son impressionnant numéro dix jours plus tôt lui colle une pancarte plus grande que jamais, et personne ne veut lâcher sa roue. Incroyablement fort, Cancellara contre Boonen lorsque le Flamand attaque, à une quarantaine de kilomètres de l’arrivée. Il rejoint même Chavanel, échappé, avant de marquer le pas dans le Mur de Grammont. Finalement, c’est donc un groupe de douze coureurs qui fonce vers l’arrivée, jugée à Ninove. Conscient qu’il sera battu s’il attend le sprint, Spartacus tente le coup seul, à trois kilomètres du but. Il attaque assis, comme toujours. Chavanel et Nuyens suivent, pas les autres. Un sprint à trois se dessine pendant que le Suisse fait le plus gros du boulot pour conserver quelques mètres d’avance sur les poursuivants. En tête du trio, Cancellara lance alors son sprint en premier. Grave erreur tactique. Il se fait déborder par ses deux compagnons de fortune et doit faire le deuil d’un deuxième Ronde qui semblait si proche.

Paris-Roubaix 2011, 2e

Une semaine après le Tour des Flandres, Canci est encore le plus fort. L’Enfer du Nord, il l’a déjà dompté, et l’édition précédente, remportée après une attaque imparable à 50 bornes de l’arrivée, demeure dans toutes les têtes. Mais plus encore que le dimanche précédent, le coureur Leopard-Trek est marqué à la culotte. Thor Hushovd, notamment, ne le lâche pas d’une semelle, et ne lui offre aucun relais. Pourtant, un groupe de 14 coureurs est loin devant, et il faut s’organiser pour revenir. Sauf que le Suisse n’accepte pas de rouler seul. Personne ne souhaitant l’aider, il stoppe donc son effort. Vansummeren s’extirpe du groupe de tête et s’envole. A quelques kilomètres du vélodrome roubaisien, Cancellara parvient enfin à lâcher Hushovd, le dernier à s’être accroché à son porte-bagage, et revient sur les derniers fuyards. Mais c’est trop tard. Le natif de Berne reprend Bak, Rast et Tjallingii, et les aligne tous au sprint. Mais Vansummeren a franchi la ligne depuis 19 secondes, décrochant un succès de prestige que l’on pensait pourtant destiné au Suisse, incroyablement costaud mais malheureusement seul contre tous.

Milan-Sanremo 2012, 2e

La Primavera, le Suisse y a été sacré en 2008. Mais depuis, c’est la croix et la bannière : trois fois deuxième, une fois troisième. Au milieu de ces échecs, il y en a un particulièrement frustrant. Au printemps 2012, Cancellara est fort – comme souvent -, il vient de remporter les Strade Bianche et le chrono de Tirreno. Alors lorsque Nibali démarre dans les derniers hectomètres du Poggio, il réplique logiquement, suivi par Gerrans. Dans la descente, l’excellent duo italo-suisse amène l’Australien dans un fauteuil, avant que Spartacus ne prenne l’intégralité des relais. En effet, les poursuivants sont tout proches et il ne faut absolument pas lever le pied pour aller au bout. Devant le refus d’obtempérer de ses deux compagnons, le Bernois fait le choix de rouler. Il sert alors sur un plateau d’argent la victoire à un Gerrans opportuniste ayant su s’économiser à la perfection. Encore une erreur tactique d’envergure pour Cancellara, qui n’a pas osé se relever. Le souvenir de Roubaix 2011 trottait sans doute dans sa tête, mais sa stratégie l’a malgré tout mené à la défaite. Deuxième, encore…

Le reste de ses places d’honneur

Lorsqu’il s’aligne sur le Ronde et qu’il est dans le coup, en général, le Suisse s’impose. Une seule fois – en plus de 2011 -, il a terminé placé sans lever les bras (6e en 2006). Sur Roubaix, deux éditions en plus de celle de 2011 peuvent lui laisser quelques regrets : 2004 (4e) et 2008 (2e). Cependant, battu ces années-là par Bäckstedt et Boonen, il ne pouvait pas faire grand chose et on se doutait, à l’entrée sur le vélodrome que Canci ne s’imposerait pas. De ce fait, c’est bien sur Milan-Sanremo que les regrets sont les plus grands. En plus de l’échec de 2012, Cancellara a décroché trois podiums : en 2011 et 2014, il a échoué à la deuxième place, et en 2013, à la troisième. Rageant. Et malgré tout, avec sept bouquets sur les monuments, le multiple champion du monde du chrono est le septième scoreur de l’histoire. Reste à égaler Merckx, De Vlaeminck et Van Looy, les trois seuls coureurs à avoir remporté au moins une fois chaque monument. Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie t’attendent, Fabian !

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2 Commentaires sur "Cancellara, seulement sept monuments…"

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Kazukrash
Kazukrash

4 podiums sur les 4 derniers Milan San Remo, heureusement qu’il a réussi à en remporter un avant!

Petite faute, en 2011 Canci était passé de Saxo Bank à Leopard Trek, d’ailleurs si y’a bien une de ces épreuves qu’il aurait du gagné parmi ces places, ça aurait étésurement ce Paris-Roubaix.

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