Maillot rouge du dernier Giro, Bouhanni va connaître la même couleur chez Cofidis - Photo ASO
1 août 2014
Par  Robin Watt 

Bouhanni chez Cofidis : une erreur ?

Le marché des transferts à peine ouvert, le Français a officialisé son changement d’équipe. Exit la FDJ.fr, le maillot rouge du dernier Tour d’Italie a signé en faveur de la formation Cofidis. On s’en doutait depuis quelques semaines, mais maintenant que c’est acté, le scepticisme nous parcourt forcément. Voici trois raisons pour lesquelles l’ancien champion de France n’aurait pas dû s’engager avec l’équipe nordiste.

Un programme bridé

En signant chez Cofidis, Nacer Bouhanni va surtout connaître l’échelon inférieur et une équipe continentale pro. Pour disputer les grandes épreuves du calendrier, il faudra donc compter sur les invitations des organisateurs, ce qui pourrait brider le natif d’Epinal dans son programme de courses. Car certes, Bouhanni a pour habitude de courir surtout en France, et sa présence sera un gros atout pour décrocher les wild-card tant attendues. Cependant, au niveau des grands tours chers à l’ancien champion de France, l’incertitude plane. Le Giro, il peut déjà oublier, et le Tour de France qui vient de s’achever a mis en avant une très faible formation Cofidis, loin d’être assurée de revenir dans un an. Il reste donc la Vuelta, où l’équipe d’Yvon Sanquer disposent d’un crédit presque démesuré depuis les maillots à pois de David Moncoutié. Enfin, pour les classiques qu’il aime tant, parmi lesquelles Milan-Sanremo, une participation paraît très compromise. Bouhanni va donc définir son programme sans savoir véritablement à quelles courses il participera. Il n’était pas habitué à la FDJ, en World Tour depuis trois ans.

Une équipe plus faible pour l’accompagner

Chez Cofidis, le Lorrain aura un statut de leader unique – ce qu’il semblait rechercher avant tout -, mais aussi une équipe à sa disposition sans doute plus faible que ce qu’il a pu connaître sous la houlette de Marc Madiot. Si Geoffrey Soupe ou Dominique Rollin seront là pour l’entourer dans les sprints, il n’aura pas tellement l’embarras du choix. Alors finalement, beaucoup de sprinteurs ont pris cette habitude, mais après le luxe de la FDJ, pas sûr que Bouhanni prenne ses repères très rapidement. Cofidis fait le maximum, c’est vrai. L’équipe s’est séparée notamment de Jérôme Coppel et Rein Taaramae, des coureurs aux salaires conséquents et qui nécessitaient de mettre à leur disposition quelques équipiers en montagne. Désormais, c’est une certitude, ce sera tout pour Bouhanni. Mais dans quelles conditions ? Quoi qu’on en dise, on imagine assez mal les hommes en rouge venir s’imposer à l’avant d’un peloton composé du gratin mondial pour placer leur sprinteur. Ce n’est pas dans leurs habitudes, et ça ne s’apprend pas en un hiver.

Une stagnation inévitable

Même leader et avec une équipe – dont la force de frappe rester à prouver – à ses côtés, Nacer Bouhanni semble avoir fait un pas en arrière avec ce transfert. En effet, que va lui apporter de plus que ce qu’il a connu cette nouvelle expérience ? Il ne disputera pas de plus grandes épreuves, n’apprendra pas aux côtés d’un grand sprinteur comme cela aurait été possible au sein d’une grande écurie mondiale. Il ne découvrira pas non plus l’étranger, qui nécessite plus d’intégration encore. Au contraire, il aura juste plus de pression de par l’obligation de résultats qui déterminera les invitations de sa formation. Durant deux années, la durée de son contrat, Bouhanni va donc découvrir autre chose, mais sans doute pas ce qui l’aurait aidé à progresser et à franchir un cap pour devenir l’un des cadors du sprint mondial.

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4 Commentaires sur "Bouhanni chez Cofidis : une erreur ?"

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Bjorn
Bjorn

Les deux premiers arguments sont contestables : son programme de courses était déjà bridé à la FDJ.fr, sauf que ce n’était pas à cause des wild-cards mais de la gestion de l’effectif, Madiot lui ayant souvent privilégié Démare (MSR, les flandriennes, le Tour…), et c’était déjà à lui d’adapter son programme de course en fonction de cela. Au vu de son statut de grand sprinteur, il sera peut-être même plus facilement présent sur ces courses qu’à la FDJ.fr (que cette saison tout du moins).
Quand au 2e argument, il emmène quand même avec lui de très bons éléments (Rollin, Soupe, ainsi que Vanbilsen ou Ahlstrand…), avec des coureurs déjà sur place tels que Petit ou Poulhiès, il aura un assez bon train (qui n’aura pas grand chose à envier à celui de la FDJ.fr). Et puis il a l’assurance (enfin, je suppose) d’avoir une équipe entièrement à son service. S’il arrive sur le tour avec 7 équipiers entièrement dévoués, il sera bien mieux entouré que Démare si celui-ci doit cohabiter avec Pinot.

Bref, l’article est bien écrit, mais il aurait quand même gagné à être nuancé.

Florent
Florent
Mouais, pas vraiment d’accord avec votre premier argument. Cofidis est tjrs invitée au Tour et le sera forcément l’année prochaine. Elle sera tjrs privilégiée à des équipes comme Net-App, IAM ou MTN par exemple. D’ailleurs concernant la Vuelta, leur invitation n’a rien à voir avec les maillots de meilleur grimpeur et les victoires de Moncoutié mais parce que la branche de Cofidis en Espagne est sponsor de la Vuelta. Et tant qu’ils seront sponsor de cette épreuve, l’équipe sera tjrs invitée. Concernant MSR, comme le dit Bjorn ces 3 victoires d’étapes sur le Giro vont peut-être permettre à Cofidis d’être invitée sur cette course. Et concernant les flandriennes comme Gand-Wevelgem ou Kuurne qui peuvent convenir à Bouhanni, la Cofidis y est tjrs invitée. Et je ne suis pas d’accord avec vous quand vous dîtes qu’il aurait du aller chez OPQS pour apprendre auprès de Cavendish, sincèrement qu’est-ce que Bouhanni aurait à apprendre de lui. Les 2 seules différences entre les deux, c’est que aujourd’hui, Cavendish est supérieur physiquement à Bouhanni et qu’il a une meilleure équipe. D’ici 2 ans, Bouhanni aura plus de force physique et aura assimiler le fait d’être leader unique d’une équipe et pourra alors aller ds… Lire la suite »
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