Si Peter Sagan est la grosse recrue de Bora pour 2017, il n'est pas la seule d'envergure - Photo ASO / G. Demouveaux
28 septembre 2016

Bora, ambitions tout terrain

Depuis sa création en 2010 – alors sous le nom de NetApp -, l’équipe Bora n’a décroché qu’une seule victoire en World Tour, grâce à Leopold König sur la Vuelta 2013. Mais les choses sont sur le point de changer. La formation allemande a opéré un recrutement quatre étoiles pour 2017, avec en figure de proue Peter Sagan, 13 victoires cette année, soit x de plus que l’équipe Bora toute entière. Mais le Slovaque ne sera pas seul au sein de l’écurie dirigée par Ralph Denk. Bien au contraire. Décidée à bâtir une équipe capable de jouer les premiers rôles sur tous les fronts, Bora veut passer un cap, avec une licence World Tour en perspective.

Peter Sagan pour grandir avec un géant

L’arrêt de la formation Tinkoff acté depuis plusieurs mois, restait à savoir où atterriraient ses coureurs, Alberto Contador et Peter Sagan en tête. Si l’Espagnol a choisi Trek-Segafredo, c’est bel et bien Bora-Argon 18 qui a frappé un grand coup sur le marché des transferts en s’offrant les services du Slovaque. A seulement 26 ans, le garçon s’est déjà fait une place dans les livres d’histoire du cyclisme. Quintuple maillot vert du Tour de France, il briguera une sixième victoire au classement par points du Tour l’an prochain. Le recordman Erik Zabel peut trembler. Mais l’enfant de Zilina compte aussi faire main basse sur les classiques printanières. Après avoir débloqué son compteur sur les Monuments cette année à l’occasion du Tour des Flandres, il tentera de faire aussi bien sur Milan-Sanremo et Paris-Roubaix.

Et pour ça, l’équipe Bora-Hansgrohe a décidé de mettre sa star dans les meilleures conditions, recrutant des coureurs qu’il connaît et apprécie comme son frère Juraj, Maciej Bodnar, Erik Baska et Michal Kolar. « Ce n’est simple pour personne de construire une équipe autour de Peter, a assuré à la Chronique du Vélo le directeur sportif de Bora, Enrico Poitschke. C’est un coureur très spécial, il viendra avec d’autres coureurs de Tinkoff. Nous espérons que nous pourrons le soutenir, même s’il est assez fort pour obtenir des résultats tout seul. » Une aide dont le Slovaque n’a que rarement bénéficié, mais qui pourrait lui faire passer un nouveau palier sous le maillot de Bora.

Le duo Majka-König pour atteindre des sommets

Avec Sagan, Bora-Hansgrohe sera en mesure de s’illustrer (entre autres) à l’occasion des courses d’un jour. Mais loin de s’en contenter, la formation allemande a également axé son recrutement sur des coureurs spécialistes des courses par étapes, un objectif non dissimulé pour 2017. L’équipe a ainsi officialisé le retour au bercail de Leopold König, qui s’était révélé sous les couleurs de NetApp. Son passage chez Sky, où il a dû se contenter d’un rôle d’équipier – malgré une sixième place sur le Giro 2015 -, l’a convaincu du bien-fondé d’un retour aux sources. Le Tchèque revient plus fort, plus expérimenté et plus motivé. Même cantonné à un rôle secondaire, il a pu apprendre de coureurs comme Chris Froome au sein de la formation britannique. Il compte désormais un top 10 au général des trois grands tours, signe de tout le potentiel de celui qui n’a encore que 28 ans.

Il trouvera à ses côtés Rafal Majka. Le Polonais a d’ores et déjà fait la démonstration de toutes ses qualités en montagne : double vainqueur du maillot à pois sur le Tour de France, il s’est aussi classé troisième de la Vuelta la saison passée, cinquième du Giro en mai dernier, et a décroché en tout trois étapes de la Grande Boucle. C’est donc indiscutable, il fait bel et bien partie des meilleurs grimpeurs du peloton actuel. Et à tout juste 27 ans, il a encore l’avenir devant lui. Toujours dans l’ombre d’Alberto Contador jusqu’à présent, il a vraisemblablement trouvé en Bora l’équipe et les conditions idéales pour continuer son ascension. Avec des coéquipiers dévoués à sa cause, le duo König-Majka aura de quoi peser sur les courses de trois semaines. De quoi aller chercher au moins les cinq premières places, peut-être le podium. Et qui sait, avec un peu de réussite, pourquoi pas un peu mieux encore.

« L’an prochain, le niveau sera différent. Nous aurons plus de pression et les objectifs seront beaucoup plus élevés. Nous prendrons le départ de chaque course avec l’objectif de faire un résultat »

Enrico Poitschke

Derrière les noms clinquants que sont Peter Sagan, Leopold Köning ou Rafal Majka, l’équipe Bora-Hansgrohe accueillera également l’expérimenté Marcus Burghardt, un renfort non négligeable pour encadrer les jeunes pousses de la formation, ainsi que le prometteur Pascal Ackermann (22 ans), qui a réalisé le doublé course sur route-chrono lors des Championnats d’Allemagne espoirs cette année. Et ce n’est peut-être pas terminé puisque Enrico Poitschke confie volontiers que « de nouveaux transferts seront annoncés dans les prochaines semaines ». En plus de ces renforts, la formation allemande a conservé des éléments comme Emanuel Buchmann (21e du Tour de France), Patrick Konrad ou encore Domink Nerz, tous capables de s’illustrer dès que la route s’élève. En ajoutant la polyvalence d’un Jan Barta et la vitesse d’un Sam Bennett en cas d’arrivée groupée, ce cocktail concocté par Bora-Hansgrohe promet d’être explosif. Résultat, Enrico Poitschke ne cache plus ses ambitions : « L’an prochain, le niveau sera différent. Nous aurons plus de pression et les objectifs seront beaucoup plus élevés. Nous prendrons le départ de chaque course avec l’objectif de faire un résultat. » Bora a bien grandi et ne s’interdit pas de rêver. En quête d’étoiles, la formation allemande pourrait bien, dès l’année prochaine, décrocher la lune.

Quentin Ballue

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2 Commentaires sur "Bora, ambitions tout terrain"

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rolfsorensen
rolfsorensen

Une très belle équipe se construit sur le papier avec 3 leaders qui ne passent que très rarement totalement à côté de leurs objectifs. Un Burghardt sera précieux pour Sagan sur les classiques, Jan Barta également. Sam Bennett devra se débrouiller davantage seul dans les sprints, mais la montagne ouvre davantage les bras à une équipe très est-européenne. Un petit changement dans le paysage du cyclisme mondial qui semble prometteur..

chris83
chris83

Problème pour l’UCI qui comptait réduire à 17 les équipes du Pro Tour: Tinkoff et IAM disparues, Bora avec Saga et Majka,et Bahrein Merida avec Nibali et Visconti sont logiquement candidates. Qui sera écarté? A moins de maintenir le nombre des équipes à 18.