Alors que Gilbert Duclos-Lassalle (vainqueur en 1992 et 1993) a donné son nom à un secteur pavé, les Français ont aujourd'hui beaucoup de mal à peser sur Paris-Roubaix - Photo ASO / E. Garnier
28 mars 2017

Les Bleus en bas du pavé

Les deux monuments flandriens que sont le Tour des Flandres et Paris-Roubaix n’ont toujours pas vu un Français lever les bras au cours du 21e siècle. Retour, en quelques chiffres, sur les performances contrastées des tricolores dans les secteurs pavés.

Le Ronde ne sourit pas aux Bleus

Historiquement, le Ronde n’a jamais été une terre de succès pour les coureurs français. Hormis quelques années fastes pendant l’après-guerre, les tricolores n’ont pratiquement pas existé sur la plus belle des Flandres. En 100 éditions, on compte trois succès pour les Bleus : Louison Bobet (1955), Jean Forestier (1956) et Jacky Durand (1992). Les podiums ne sont guère plus nombreux, d’ailleurs. Bernard Gauthier est le seul à être monté sur la boîte à deux reprises (1951, 1953).


Plus récemment, les Français ont peiné à obtenir des places d’honneur. Depuis la victoire de Durand, il y a un quart de siècle, seules huit éditions du Ronde ont compté au moins un tricolore dans les dix premières places, pour deux podiums : Frédéric Moncassin (1997) et Sylvain Chavanel (2011). Les Bleus restent toutefois sur deux échecs en 2015 et 2016.

Ça pourrait être pire sur Paris-Roubaix

Il n’y a pas que sur Paris-Nice où on « célèbre » les vingt ans sans victoire française. On attend toujours un successeur à Frédéric Guesdon, lauréat de l’Enfer du Nord en 1997. Pourtant, il ne s’agit pas là de la plus grande disette française sur le monument. Vingt-cinq ans s’étaient écoulés entre le succès de Louison Bobet (1956) et celui de Bernard Hinault (1981).


La victoire surprise du coureur de la FDJ s’inscrivait alors dans une période où les meilleurs Français étaient loin de jouer la gagne sur le vélodrome de Roubaix. D’ailleurs, c’est ce même Guesdon, qui, quatorze ans plus tard, sera le premier Bleu à terminer avec moins d’une minute de retard sur le vainqueur lors de la victoire de Johan Vansummeren en 2011. Il n’y aura cependant aucun Français ayant déjà goûté au podium au départ de la course le 9 avril prochain. Sébastien Turgot, deuxième en 2012, a quitté le monde pro l’été dernier après la fin de son contrat chez AG2R La Mondiale. C’est une première depuis l’édition 1999.

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7 Commentaires sur "Les Bleus en bas du pavé"

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chris83
chris83

Ce n’est pas que sur les pavés que le français ne gagnent plus depuis longtemps sur le circuit du World Tour, à part de très rares exceptions de temps en temps, qui causent d’ailleurs la surprise, comme Demare à San Remo l’an dernier
C’est pour cela qu’il faut relativiser le « renouveau » du cyclisme français, et les cocoricos des commentateurs qui s’extasient un peu trop sur quelques victoires d’étape ou des podiums même de Grand Tour. On vit surtout d’espérance parce que si aujourd’hui s’arrêtaient par exemple les carrières de Pinot, Bardet ou Bouhanni, Barguil et consorts, la moisson serait bien maigre! Que l’avenir me contredise vite, c’est tout ce que j’espère….

rolfsorensen
rolfsorensen

Les résultats français sont bien là, au contraire, et de vrais résultats:
– Bardet et Péraud : 2e du Tour de France : pas vu depuis 15 ans. (Pinot 3e d’ailleurs)
– Alaphilippe : podiums répétés sur les Ardennaises : pas vu depuis Jalabert non plus.
– Démare gagne MSR, et Bouhanni aurait pu aussi la même année. MSR cette année c’est encore Alaphilippe sur le podium…
Au sprint, et malgré leurs limites, Démare et Bouhanni, ce sont de vraies chances de succès au niveau WT, sur les GTs notamment, et Bouhanni l’a déjà très bien fait sur le Giro.
Alors qu’on n’ait pas le meilleur coureur dans chaque domaine, certainement, mais peu de pays peuvent se targuer de cela. En tout cas, ni les Pays-Bas, ni l’Italie actuellement (pour prendre de grands pays de cyclisme).

chris83
chris83

Je regarde uniquement les statistiques. Prenons par exemple les 5 dernières années pour ne pas remonter jusqu’à Mathusalem. Regardons les plus grandes courses, à savoir: par étapes Tour de France, Giro, Vuelta,Paris-Nice, Dauphiné, Tour de suisse, Tirreno, les plus grandes classiques: Paris Roubaix, Milan San Remo, Tour des Flandres, Liège Bastogne Liege, Fleche Wallone, Amstel,Lombardie plus championnats Monde Route et CLM. les courses qui comptent le plus dans un palmarès. Regardons les victoires par pays: à quel rang se situe la France?
Pour les 2èmes places dans un Tour, à part Poulidor, qui se rappelle des seconds du Tour?
Certainement de grandes espérances à venir. A ce jour, concrètement et depuis longtemps, pas grand chose, où alors on n’est pas difficile…

Flo42
Flo42
Il est vrai qu’à l’exception de Démare l’an passé, les Francais peinent à gagner de grandes courses mais il faut quand même distinguer les Flandriennes des autres classiques, des courses d’une semaine et des grands tours. Les Francais peinent à exister sur les Flandriennes ce qui n’est pas le cas sur les autres courses. Il manque seulement 1 ou 2 champions pour rapporter de grandes victoires parce qu’on a énormément de très bons coureurs. Aux résultats déjà évoqués, on peut ajouter la deuxième place de Bardet au Dauphiné 2016, le podium de Pinot en Lombardie en 2015 et la 4ème place de Bardet l’année dernière sur cette même course ou la 4ème place de Rolland au Giro 2014. Pinot a encore terminé sur le podium à Tirreno cette année après avoir fait podium en Romandie l’année dernière… Bien sûr, ce ne sont pas des victoires mais de là à dire que le cyclisme français n’obtient pas grand chose, ça me paraît très exagéré… Tout ça pour dire qu’il y a pour moi un vrai renouveau du cyclisme français et qu’on le voit partout sauf sur les Flandriennes. Ce renouveau se voit aussi à mon sens à la domination francaise régulière… Lire la suite »
chris83
chris83

Je crois qu’on est dans un dialogue de sourds. Je me réjouis que pour la première fois depuis des décennies, on voit enfin le soleil se lever:Pinot, Bardet, Alaphilippe, Bouhanni, Demare, Barguil, Gallopin, bientôt Calmejane ,Latour,Martin, Coquard, Laporte et d’autres pas loin ( Vuillermoz, Vichot, Gougeard….)peuvent rivaliser avec les meilleurs alors que l’on n’avait que Chavanel, Voeckler et un peu Rolland. De grandes espérances je l’ai écrit. Maintenant il faut que cela se concrétise dans les victoires qui seules comptent. Bientôt un français vainqueur au Tour, au Giro ou à la Vuelta? bientôt un champion du Monde ou un lauréat de Paris Roubaix, de LBL ou du Lombardie? Normalement, avec nos champions en progression, cela doit arriver même si aujourd’hui, on est toujours sur la ligne de départ.

Robin Watt

@tous : Comme l’a dit chris83, la France n’a pas le meilleur sprinteur, grimpeur, puncheur, flandrien ou autre. Mais elle a des coureurs de premier plan presque partout, et c’est là la performance. Oui, si on regarde uniquement les vainqueurs des grandes courses depuis 5 ans, les Français sont mal représentés. Mais quand on parle de l’Espagne, à part Contador, Valverde et Rodriguez, il y a qui ? Pour la GB, à part Froome et Wiggins ? Pour l’Italie, à part Nibali, Aru, Viviani ? Pour la Colombie, à part Quintana, Chaves, Uran ?

La densité tricolore est impressionnante. Alors savoir si ça se transformera en une armada qui gagne partout, on ne peut pas le prédire. Mais le vivier est l’un des plus importants du monde, avec sans doute la Belgique.

rolfsorensen
rolfsorensen

le vivier colombien (MA Lopez, par exemple) et britannique (Thomas et frères Yates d’abord) a pris beaucoup d’importance ces 7 dernières années. Mais complétement d’accord avec l’analyse des 2 autres pays, même si Soler a l’air de représenter le véritable espoir que l’Espagne attendait. Aru semble avoir du mal à retrouver le niveau, et les espoirs italiens semblent cantonnés aux victoires d’étape sur leur tour national.

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