Bardet ne levait qu'un bras à Peyragudes tout à l'heure. Il garde le deuxième pour le maillot jaune - Photo ASO
13 juillet 2017
Peyragudes

La route est encore longue

Cocorico ! La victoire de Romain Bardet a déclenché des hourra de joie dans chaque recoin de la station de Peyragudes. Le Français a probablement franchi un nouveau cap aujourd’hui en remportant la première étape pyrénéenne. Plus que jamais, l’Auvergnat s’impose comme un sérieux prétendant à la victoire finale, mais attention à ne pas se brûler les ailes.

Chaque chose en son temps

Trente-deux secondes. Voilà le temps que Romain Bardet a réussi à gagner sur le triple vainqueur du Tour Chris Froome. Désormais à vingt-six secondes du nouveau maillot jaune, Fabio Aru, le leader d’AG2R La Mondiale a très bien entamé sa deuxième semaine sur la Grande Boucle. Mais en conférence de presse, le Français préférait insister sur sa splendide victoire que sur son rapproché au général. « Je me réjouis de lever les bras. C’est un poids en moins, je n’avais pas encore gagné cette année, et c’est d’autant plus dur sur le Tour. » Mais bien au-delà de la victoire d’étape, Bardet s’est aujourd’hui ouvert la porte d’un hypothétique maillot jaune. Bien-sûr, il n’en était surtout pas question ce soir dans le clan AG2R, qui la jouait modeste. « Aujourd’hui, il était le meilleur. Il a pris son envol, j’espère qu’il va vite atterrir », s’esclaffe Stéphane Goubert, directeur sportif de l’équipe savoyarde. Mais l’ancien coureur se reprend vite. « Ce soir c’est Aru qui a le maillot. Le Tour de France, c’est à chaque étape une chose différente, une classique par jour. Il faut garder les deux pieds sur terre. Ce serait une erreur de s’emballer, c’est là où on perdrait tout. »

La politique des AG2R ? Ne pas mettre la charrue avant les bœufs. Tout est minutieusement prévu, comme l’explique Bardet lui-même. « J’avais reconnu l’arrivée en famille en mai. Ça m’a permis d’avoir des repères visuels qui sont une force dans les moments difficiles. » Le voilà donc libéré d’une partie de la pression, lui qui n’avait pas encore gagné cette saison. « Romain est détendu depuis le début du Tour », nous affirme pourtant Goubert. Cette victoire n’est donc pas une fin mais plutôt un début, et la suite commence dès demain. « C’est une étape qui nous convient beaucoup plus qu’aujourd’hui, nous explique son protecteur en plaine, Olivier Naesen. C’est difficile, mais c’est le deuxième jour des Pyrénées, ça peut faire mal. »

La forme est au rendez-vous

Pierre Latour n’était même pas surpris de voir son leader décrocher le super favori, Chris Froome. « Sur le Dauphiné, il était déjà bien, et là sur les premières étapes, il était de mieux en mieux. Vu comment il nous a fait mal en stage, je ne suis pas étonné. C’est vraiment à la pédale que ça se joue, surtout lorsqu’on voit la montée finale. » Certains pourront exprimer quelques regrets. Pourquoi Bardet n’a-t-il pas attaqué plus tôt ? « Il n’y avait rien à faire, avec le vent de face dans Peyresourde et le train de la Sky », répond-t-il. Et attaquer dans la descente, alors que Chris Froome filait droit dans le décor ? « Tout le monde fait rideau. Il avait roulé tout la journée, donc de toute façon… » déplorait Latour. Frustration passagère. « Je ne l’ai pas encore vu, je viens d’arriver, mais je suis sûr que son moral est en hausse. Et puis, avec les jambes qu’il avait, c’était évident qu’il devait attaquer, » nous assurait Naessen à l’arrivée.

Malgré cette excellente forme, la victoire et les limites que Froome a aujourd’hui dévoilées, on ne s’emballe pas du côté d’AG2R. « Aujourd’hui, les leaders sont tous très proches en terme de niveau. Froome a été un peu moins bon, demain ça peut être un autre », explique Goubert. Comme lundi dernier en conférence de presse, Bardet répète son credo : « Il ne faut sous-estimer personne. » Mais force de constater que oui, « pour le général, ça devient très intéressant. » Dans le bus de son équipe, Oliver Naesen ne voulait qu’une seule chose, « regarder devant ». En effet, Paris se rapproche de jour en jour et le deuxième du dernier Tour de France est toujours sur le podium. Dès qu’il le peut, il grignote du temps, secondes par secondes. Alors si toute enflammade est à proscrire, il est logique de s’enthousiasmer.

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12 Commentaires sur "La route est encore longue"

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Genghis
Genghis

Il va pas falloir laisser partir Landa demain et dans les alpes, il a le tour dans les jambes lui, peut-être même plus que Froome.

chris83
chris83

D’accord avec Genghis. C’est un Tour à surprises car il est évident que Froome est moins dominateur et que la Sky peut jouer sur son écrasante supériorité. Il y en a aussi un autre que tout le monde snobe et oublie; c’est Uran!

gougi
gougi

la réaction de Bardet après l’étape du 14 juillet qui voit la victoire de barguil, inquiète sur sa vraie capacité d’analyse de la course. il reproche aux autres d’avoir laissé partir landa, Quintana et Contador ! et lui qu’ a t’il fait ? il a suivi , comme les autres , alors qu’il a une équipe plus forte que celle d ‘Aru ou d’ Uran… je suis déçu par sa réaction, qu’il n’est pas la force d’attaquer , normal, mais accusez les autres d’avoir laissé filer.. ça montre son manque d’assurance, et surtout une certaine mauvaise foi. il est favori du tour au même titre qu’ Aru, il doit donc demander a son équipe de faire le job, après qu’ils ne puissent pas, c’est autre chose, mais alors qu’il se taise. Décevant

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