L'an dernier à Oman, Romain Bardet avait titillé Vincenzo Nibali et terminé deuxième du général - Photo Muscat Minicipality / Paumer/Kåre Dehlie Thorstad
14 février 2017
Par  Robin Watt 

Bardet, le défi de faire mieux

A un nouveau statut correspond un nouveau programme. Jamais, depuis qu’il est professionnel, Romain Bardet n’avait débuté sa saison ailleurs qu’au GP la Marseillaise. Mais en 2017, c’est bien à Oman, ce mardi, qu’il est monté sur un vélo pour la première fois en compétition. Un choix symbolique. C’est sur l’épreuve du Golfe qu’il avait décroché son premier bon résultat de 2016. Avant de connaître une saison fantastique.

Là où 2016 s’était lancé

Il y a eu la joie incommensurable de monter sur le podium du Tour de France, en juillet dernier. Puis tout ce qui a suivi. Les sollicitations, qu’elles soient des médias ou des fans. Les récompenses, dans le monde du vélo en particulier ou du sport en général. Le repos, aussi, cet hiver. Que du positif, pour un exercice qui reste aujourd’hui comme le plus abouti de la jeune carrière de Romain Bardet. Mais cette euphorie ne dure qu’un temps. La performance de l’Auvergnat n’est pas oubliée, mais elle fait partie du passée. Et à l’heure d’entamer une nouvelle saison, le garçon lui-même se doit de regarder non pas derrière lui, mais vers l’avant. Au Tour d’Oman, où il avait terminé deuxième l’an passé, battu par le seul Nibali, absent cette fois-ci, il est aujourd’hui le favori. Il doit donc s’en accommoder. Prendre ses marques, rapidement, et assumer. Même si jusque-là, il n’a jamais connu ce statut. « J’ai travaillé dur en amont, j’attends beaucoup de cette reprise, a-t-il confié à L’Equipe. Même si je n’aurais jamais la forme de juillet en février, je veux être acteur. Y compris pour la gagne ! »

Sur le papier, le Tour d’Oman est taillé pour lui. Des arrivées pour puncheurs, d’autres pour grimpeurs, il sera capable de tirer son épingle du jeu presque chaque jour. C’est de cette façon qu’il avait terminé deuxième l’an passé, ou treizième en 2013, pour sa première participation. Mais le juge de paix, Bardet le sait, restera la traditionnelle ascension de la Green Moutain. Une montée abrupte (5,8 km à 10,3 % de moyenne, avec des passages à 20 %) sur laquelle il a de bonnes références : huitième en 2013, deuxième en février dernier. « Il n’y a rien de comparable en Europe, note le Français. La rouge est large, le pied est très brutal en sortant d’une cuvette. On tape la tête dedans. On sait très vite où on en est. » C’est justement pour se tester que le dauphin de Froome sur le dernier Tour de France donnera tout sur les routes omanaises. Il n’a pas encore besoin d’être au top, loin de là. Mais il a besoin de se rassurer pour entamer la saison plein de confiance.

Après Oman, Abu Dhabi

Satisfait de ne pas être tombé malade durant l’intersaison, Romain Bardet ira au Tour d’Abu Dhabi après Oman. Pour continuer de fuir l’hiver européen. Son retour sur le Vieux Continent se fera sur Paris-Nice, début mars. D’ici-là, il a l’occasion de reprendre assez tranquillement. Les yeux seront braqués sur lui, mais personne ne lui en voudra d’être encore en retrait à cette période de l’année. Dans le Golfe Persique, il pourra aussi peaufiner son entraînement sous de fortes températures. Un point important pour lui, qui avait souffert de la chaleur sur certaines étapes du Tour 2015, notamment à La Pierre-Saint-Martin. Avec les années, l’Auvergnat ajuste donc sa préparation du début de saison. Jusqu’à maintenant, ça lui a permis d’être chaque année un peu meilleur au mois de juillet. Et il sait que malgré la difficulté de la chose, c’est encore ce qu’on attendra de lui cette saison.

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