Après avoir porté les espoirs d'Astana depuis plusieurs saisons, Fabio Aru a décidé d'aller voir ailleurs - Photo ASO
Débat

En ce début d’année, nous avons décidé de revenir sur quelques transferts marquants de l’hiver en se demandant s’il s’agissait ou non de bonnes idées. A chaque fois, deux de nos rédacteurs ne sont pas d’accord. On attend désormais que vous tranchiez, avec le sondage en fin d’article.

7 janvier 2018

Aru, le besoin d’ailleurs

Il était parti pour rester, et finalement au coeur de l’automne, Fabio Aru a opté pour un départ d’Astana. Son point de chute : UAE Emirates, une équipe encore en construction, même un an après avoir pris la succession de Lampre. De quoi se poser une seule question : est-ce que ça valait vraiment le coup de partir ?

Une bonne idée par Alexis Midol-Monnet

Jusqu’a présent, Fabio Aru n’a connu qu’une seule structure dans sa carrière, Astana. Réputée en raison de son palmarès sur les grands tours, l’équipe d’Alexandre Vinokourov assurait avant tout au Sarde un cocon d’entraînement et de compétition à forte consonance italienne. Mais le poulain de Silvio Martinello a visiblement profité de tout ce que l’encadrement était en mesure de lui fournir. De son ascension fulgurante sur les routes du Giro au sacre sur un Tour d’Espagne tourmenté, Aru rêvait secrètement de succéder à Vincenzo Nibali sur la Grande Boucle. Sans doute ses deux voyages en France l’auront convaincu de changer d’air cet hiver. Bien que vainqueur d’étape à la Planche des Belles Filles et éphémère maillot jaune, sa baisse de régime en troisième semaine aurait largement pu être altérée avec davantage de soutien collectif dans les derniers kilomètres.

Car si Vino continue de dénigrer le choix du « Cavalier des Quatre Maures » en mettant en avant le professionnalisme d’Astana et les ressources formidables de son effectif, il serait préférable de ranger la langue de bois au placard. Le départ de Nibali au Moyen-Orient entraîna nombre de gregarii dans ses valises, tandis que des événements tragiques ont décimé un groupe déjà fragile. Courtisé, celui qui est déjà monté deux fois sur le podium du Giro sans jamais le remporter a accepté de relever le défi d’une formation UAE transformée suite au déblocage de larges réserves financières. Encore relativement italianisée, l’ex-Lampre marque un nouveau départ pour Fabio Aru, qui doit saisir tambour battant l’opportunité qui lui est confiée. Devenu l’un des cadors du peloton, l’objectif est de montrer qu’il possède des épaules assez larges pour porter un nouveau projet ambitieux, plutôt que de pêcher par excès de suffisance.

Une mauvaise idée par Robin Watt

Il était la figure de proue d’Astana depuis le départ de Vincenzo Nibali, et en partant sans véritablement y mettre les formes, Fabio Aru a mal terminé son histoire avec la structure d’Alexandre Vinokourov. Son maillot jaune, porté quelques jours sur le dernier Tour de France, avait laissé les espoirs les plus fous à son manager, persuadé, surement à juste titre, qu’il comptait dans ses rangs un coureur capable de remporter, à terme, la plus prestigieuse course du calendrier. Alors le sport n’est pas un monde tout rose, et Fabio Aru n’allait pas rester juste pour ne pas froisser Vino. Son choix de rejoindre UAE Emirates, sur beaucoup de points, est même compréhensible. Il n’aura quasiment rien de moins que chez Astana, avec un salaire probablement revu à la hausse. Mais retournons la question : mise à part la fiche de paye, qu’aura-t-il de plus que ce qu’il avait jusqu’ici ?

L’équipe à son service ne fait pas rêver, même si elle n’a rien de ridicule. Mais il devra batailler pour faire de Dan Martin son lieutenant sur trois semaines. Ce serait un atout de poids, mais rien ne dit, pour le moment, que l’Irlandais acceptera de se mettre à la planche pour un homme qui a terminé derrière lui sur le dernier Tour de France. Il y aura donc, si ce n’est une lutte interne, un statut à reconquérir. Chez Astana, Jakob Fuglsang se savait lui cantonné à un rôle d’équipier de luxe dont il s’accommodait. Pour le reste ? Aru quitte un manager et une équipe expérimentés, capables de lui prodiguer les conseils pour aller titiller les sommets, pour rejoindre une structure vieille de seulement un an, bâtie sur les décombres d’une autre (la Lampre) qui ne gagnait plus depuis longtemps. S’il y a sans doute une part de défi personnel dans cette nouvelle aventure que démarre l’Italien, il y aussi pas mal de risques pour finalement pas grand chose.

Et pour vous, le transfert d'Aru vers UAE Emirates est-il une bonne idée ?

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