Deuxième de la Flèche wallonne pour la deuxième fois d'affilée, Julian Alaphilippe s'impose comme un patron des ardennaises - Photo Mathilde L'Azou
20 avril 2016
Par  Robin Watt 

Alaphilippe ne doit pas s’inquiéter

Au sommet du Mur de Huy, il y a une sensation de déjà vu. Alejandro Valverde qui l’emporte, Julian Alaphilippe qui prend la deuxième place, 2016 a été un remake de 2015. Mais en mieux pour le Français : s’il n’a pas gagné, il était un peu plus proche de l’Espagnol. A l’image de sa campagne d’ardennaises jusqu’ici, un cran au-dessus d’une cuvée déjà impressionnante l’an passé.

Revenu de nulle part

Après l’arrivée, l’accolade entre Valverde et Alaphilippe était symbolique. Si sur le papier, douze années et une pléiade de victoires séparent les deux hommes, sur la route, le rapprochement est de plus en plus tangible. La passation de pouvoir est imminente. Alors bien sûr, l’Espagnol est rentré dans la légende ce mercredi en devenant le seul homme quatre fois vainqueur sur la Flèche wallonne, et perdre derrière lui n’a rien d’une honte. Mais ça n’a pas empêché le Français de frapper son guidon en franchissant la ligne, et de montrer sa déception au moment de monter sur le podium. En leader qu’il est devenu sur la dernière année, le puncheur de l’équipe Etixx Quick-Step ne jure plus que par la victoire. Pourtant, il y a encore quelques mois, personne ne l’imaginait capable de revenir à ce niveau pour la semaine des ardennaises. Touché par une mononucléose cet hiver, il a eu des doutes, mais s’est remis en marche à une vitesse folle pour ne pas louper l’objectif de sa saison.

Après des abandons sur le Tour de Provence, au GP Samyn et sur les Trois jours de Flandre occidentale, Alaphilippe est redevenu un autre homme dès la première ardennaise : la Flèche brabançonne. En menant à la victoire son coéquipier Petr Vakoc, il s’est rassuré et a pris une place dans les dix. Puis, sur l’Amstel, il a terminé sixième, mieux que l’an passé. Forcément, il abordait donc la Flèche wallonne avec l’esprit libéré, sûr de sa force et de son retour au premier plan. « Lorsqu’on regarde le résultat de l’an dernier, il est normal que je devienne cette année un coureur à surveiller », expliquait-il au journal L’Equipe. Le garçon de Saint-Amand-Montrond le sait, après sa révélation de l’an passé, il est entré dans une autre dimension, même si on osait à peine attendre de sa part une véritable confirmation après son début de saison perturbé. Mais là encore, il a montré qu’il était du bois dont on fait les grands coureurs. Comme son illustre aîné Valverde.

Attendre son heure

« J’ai pris conscience que ces courses sont taillées pour moi », lâchait Alaphilippe avant l’épreuve, toujours à L’Equipe. Il l’a encore prouvé sur le Mur de Huy. Valverde était au-dessus de tout, a mené le groupe quasiment toute la montée avant d’aller cueillir un nouveau succès. Mais le Français, désigné co-leader de l’équipe Etixx avec Dan Martin, a été encore plus costaud que l’an passé. Pour sa deuxième participation seulement, il a tenu la roue de l’Imbatido jusqu’aux cent derniers mètres, où il a finalement craqué – de peu. Un pas de géant, surtout que derrière, tout le monde était loin. Il y a un an, c’était Valverde et les autres. Ce mercredi, c’était Valverde et Alaphilippe, puis les autres. Alors oui, le Français n’a pas encore réussi à faire mieux que deuxième. Mais le leader de la Movistar aura 36 ans la semaine prochaine, et ne va pas tarder à laisser la place. On sait désormais qui est en pôle pour devenir le nouveau patron des ardennaises.

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9 Commentaires sur "Alaphilippe ne doit pas s’inquiéter"

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Epgone
Epgone
Quelle facilité, Valverde a contrôlé son monde et son mur. Je lisais sur plusieurs sites, des commentaires se demandant si ce ne sont pas la ses meilleurs années, assurément Valverde a mûri sa stratégie de course, il fait l’effort au moment idoine, est toujours bien placé, cible parfaitement ses objectifs. Bref ses victoires sont le fruit d’une optimisation parfaite de tous les éléments. Néanmoins il ne faut pas sous-estimer un élément, la faiblesse générale du plateau de puncheur, Gilbert ne retrouve(ra) pas sa forme d’antan, Purito subit enfin les effets du temps, Gerrans a disparu, Roche et martin ont privilégiés l’appat du gain a celui de la gagne et les autres sont bien trop irréguliés (kwiatkowski,betancourt…si ils n’ont pas choisis les grands tours ou la visibilité médiatique et meilleur (Contador, nibali, aru, landa etc) Tout ce pavé qui ne sert a rien pour dire que oui alaphilippe n’a aucune raison de s’inquiéter, factuellement et au fur et a mesure du temps il va s’imposer comme le patron des ardennaises( grosses caisse, bonne pointe de vitesse, placement intelligent, équipe forte autour de lui avec expérience, amour sincère de ces classiques). -Barguil devra faire un choix a mon avis, entre les courses… Lire la suite »
rolfsorensen
rolfsorensen

Barguil, surestimé? Il est là, il revient bien après un début de saison plus que perturbé. Peut-on déjà dire que le jeune Français est surestimé? Non, il a une marge de progression et l’on connaît déjà ses qualités.

rolfsorensen
rolfsorensen

Martin reste un des clients les plus réguliers sur les Ardennaises, à n’en pas douter, Etixx tient bien les 2 plus gros clients sur ce type de course derrière Valverde.

gougi
gougi

on lui souhaite une carrière à la Valverde ! a mon sens le meilleur coureur français actuel ! Ce qu’il a fait jusqu’a présent le situe à un très haut niveau futur. Maintenant il faut voir ce qu’il peut faire en haute montagne . Il a le caractère et surement la force pour gagner un grand tour .

Epgone
Epgone

Non pour le coup en haute montagne je n’y crois pas du tout,même si il avait un rôle d’équipier, ses résultats en attestent d’ailleurs. De plus le CLM c’est pas ca. Pourquoi performer sur un tirreno ou Un paris nice

Epgone
Epgone

« pourquoi pas performer »

genghisi
genghisi

Ses résultats sur le tour de Californie 2015 te font mentir
Il fait 3eme du contre-la-montre et gagne devant Henao en haut d’ un col au-dessus des 2000 mètres d’ altitude.
Une carrière à la Valverder ? moi j’ y crois

gougi
gougi

une chose m’étonne , et je pense n’être pas le seul, pourquoi les français les plus performants courent t’il à l’étranger, cette question sans sous entendu ! il y peut être de quoi se poser des questions sur les bases d’entraiment de nos équipes françaises.
est ce un problème de moyens financiers ?, j’imagine qu’aller à Ténérif deux fois par an ça doit avoir un coût ! ou alors nos meilleurs coureurs ont une exacte conscience de leur valeur , et demande trop pour des équipes françaises ? Dés lors on ne pourrait pas les blamer, ce sont des pros, et ils n’ont que quelques années pour gagner leur vie. A mon sens il y a peut être une remise en question des méthodes d’entrainements, sans parler des limites pharmacopées, ou technologiques qui je pense doivent être à la limite de la légalité, mais pas illicite, qui expliquerait le déficit de nos équipes françaises. en même temps la mondialisation du cyclisme est surement une des raisons de ne plus voir autant de très grands champions français, même si à l » évidence la tendance s’inverse . Pinot, Alaphilippe, bouhani,Démarre ou Gallopin semblent être prométeurs

Kerihuel
Kerihuel

Belle dernière montée de ce fameux mur, Valverde y est décidément dans son jardin, comment ne pas en faire un favori pour dimanche?
En revanche, décidément les ardennaises n’arrivent plus à me convaincre au niveau du spectacle. Peut être est ce dû à la superbe campagne de flandriennes que nous venons de vivre, mais je me souviens d’un temps pas si lointain (avant 2011) où ces courses se jouaient de beaucoup plus loin. Rien que la campagne de 2010 par exemple, je me souviens d’attaque sur l’Amstel à 30 km de l’arrivée, et d’un Liège passionnant avec une montée de la Roche aux Faucons ou Vino s’était enfuit après que Schleck et Gilbert aient fait exploser le peloton dans cette bosse. Or, depuis 2 ans on trouve encore 20 potentiels vainqueurs à la flamme rouge. J’espère que dimanche, ce Liège 2016 sera d’une cuvée similaire, qui nous donnera une bonne raison de rester assis sur le canapé que plutôt d’aller rouler !